L'industrie laitière....Plus ça vieillit, moins ça produit !

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Il y a cent ans, un groupe de colons venaient fonder une paroisse agricole. Pour s'y rendre, il leur fallait monter par le chemin appelé "Chemin Désautels". De ce groupe, on retrouve encore aujourd'hui quelques descendants tels les Lefebvre, Dulac, O'Connor, Rondeau, Champoux, Champagne, Rivest et autres.

La fromagerieCes premiers colons vivèrent pendant plusieurs années la vie communautaire en échangeant entre eux biens et services.

En 1895, une fromagerie fut construite pour procurer certains revenus aux colons. En 1897, un cercle agricole est fondé. On rapporte que, dès 1898, un concours sur le revenu de l'industrie laitière est organisé dans la paroisse et le premier gagnant fut monsieur Joseph Rondeau à qui on remit la jolie somme de 1 $. Son troupeau comprenait 11 vaches laitières qui lui avaient donné un revenu de 74,72 $, soit une moyenne de 6,79 $ par vache pour l'année. Le concours fut continué dans les années suivantes jusqu'à la conversion de la fromagerie en beurrerie.

 

Beurrerie du villageVers 1905, une autre beurrerie est construite pour accommoder les colons de la partie nord de la paroisse et des rangs Saint-Joseph, Lac-à-Poisson et Sainte-Louise. Tous les colons y apportaient leur lait pour la fabrication du beurre. Vers ces années, les terres nouvellement défrichées produisaient abondamment (photo: le temps des foins en 1907).En 1918, un vendeur de "Centrifuge" vint dans la paroisse convaincre les cultivateurs qu'ils n'étaient plus des colons, qu'il était plus profitable pour eux de séparer eux-mêmes le gras du lait à domicile, que ce dernier se conservait plus facilement dans la laiterie, avec de l'eau froide ou dans un puits. De plus, les cultivateurs s'exemptaient de trois ou quatre voyages par semaine à la beurrerie.



Chemin de la beurrerie Le propriétaire de la beurrerie refusa de se plier à leur demande. Des cultivateurs, au nombre de 32, décidèrent de se construire une beurrerie au village croyant faire des économies et alléguant, comme on le pense encore aujourd'hui, que le fabricant faisait trop d'argent aux dépens du producteur.

Ce projet fut un vrai fiasco. Les cultivateurs connurent des difficultés, des misères, des mois de procès. L'expérience s'est terminée par une faillite, une perte totale des biens des actionnaires, par l'expatriation de plusieurs familles. Ces difficultés durèrent une dizaine d'années, causant une perte de 40 000 $ à 50 000 $, argent qui avait été gagné péniblement, sou par sou.

La dissolution de la beurrerie ou mieux la faillite arrivait en un mauvais temps, celui des années appelées "années noires". Rien ne se vendait. Le porc valait 3 ¢ la livre, le steak de boeuf valait 4 ¢ la livre, les autres parties de viande étaient sans valeur sur le marché. Le producteur devait absorber les pertes.

La fabrication du beurre dut nécessairement retourner entre les mains de particuliers qui ont opéré jusqu'en 1943, date de la fondation d'une société coopérative agricole qui se portera acquéreur des deux beurreries et n'en fera opérer qu'une seule.

En 1943, la quantité de beurre produit est de 59 179 livres; en 1953, elle est de 37 070; en 1961, elle tombe à 32 025. Cette diminution croissante entraîne, dès 1962, la dissolution et la liquidation de la coopérative et nécessairement la fin de l'industrie laitière dans la paroisse.

En 1969, la paroisse ne compte plus plus que sept cultivateurs dont Marcel Lefebvre, Azarie Rivest, Léonard Saint-Georges, Armand Gouin et Georges-Henri Durand dans l’industrie laitière; Léo Laurence dans l'élevage des porcs et Omer Desroches dans l'élevage des bovins de boucherie.